330km, 24.000m D+, 150 heures de course : courir le TOR DES GEANTS ou comment apprendre à réguler ses pensées ?

 

Le 7 septembre 2016, j’ai réuni chez SwissLife Banque Privé plus de 60 personnes dans le cadre du Club de l’Audace pour partager avec eux ma passion pour l’ultra-trail.
Je vois dans l’ultra-trail une école de gestion du stress et de prises de décision qui permet d’associer le physique et le mental. Cette pratique sportive de la course à pied dans des conditions extrêmes m’offre aujourd’hui un équilibre de vie et une opportunité unique de faire ce que je considère être comme un magnifique voyage intérieur. Après avoir couru des trails réputés parmi les plus difficiles, (Marathon des sables, Ultra Marin, UTMB, Diagonale des Fous, …), j’ai décidé de m’attaquer du 11 au 18 septembre 2016 au TOR DES GEANTS, une course qui se déroule dans la Vallée d’Aoste sur une distance de 330km avec 24.000m de dénivelé positif.
Courir le Tor des Géants, c’est traverser en une seule course toutes les plus hautes montagnes d’Europe : le Mont Blanc, le Mont Rose, le Mont Cervin, les Grandes Murailles et la Dent d’Hérens, le Grand Combin, les Grandes Jorasses et le Grand Paradis … L’appellation « Tor des Géants » renvoie à ces plus hautes montagnes d’Europe. Ce sont eux les géants que vous devez défier.
Contrairement aux idées reçues, la dimension physique du sportif (y compris le sportif de haut niveau) a ses limites. Dès les premiers kilomètres, c’est dans ma tête que tout se passe, chaque coureur se trouvant face à lui-même, face à ses limites, et c’est cela qu’il explore.
Si on veut essayer de franchir la ligne d’arrivée, il faut adopter une attitude minimaliste. Il est nécessaire de se focaliser sur ce qui est vital et d’oublier complètement le reste. Lorsque l’on court dans des conditions extrêmes, on a une capacité à concentrer toutes nos ressources naturelles et émotionnelles sur ce que l’on doit faire dans l’instant. On est dans un état d’hyper concentration. Vous considérez les difficultés non pas comme un obstacle mais comme un tremplin vers la réussite. Dès l’arrivée d’une quelconque difficulté, vous avez tendance à orienter votre esprit vers elle au lieu de la fuir.
La clé de la performance sur un ultra-trail consiste à bien gérer la pression. C’est un booster exceptionnel si on sait l’utiliser ou au contraire un poids écrasant si on la subit. Quand on sent trop de pression, pour ne pas qu’elle devienne négative et pour rester dans un état mental favorable, il faut la compenser par un sursaut de confiance. La confiance doit toujours l’emporter sur la pression, c’est une condition indispensable pour réussir. Pour maintenir la confiance et rester motivé, il est nécessaire de morceler son objectif. De cette manière on arrive à gagner chaque étape et à profiter des victoires intermédiaires.
De véritables pépites sont enfouies en chacun d’entre nous sous des croyances limitantes, entretenus depuis notre plus tendre enfance. Nous avons tendance à oublier que nous avons le plein pouvoir de gouverner notre esprit. Pour faire quelque chose, il suffit finalement de ne pas savoir que c’est impossible.
Le mental doit permettre d’accueillir la douleur physique. S’il faut éviter les blessures physiques, il faut également éviter les blessures mentales : on parle d’ego déplétion ou d’effondrement du moi. Souvent, dans des conditions extrêmes, l’enjeu est de tenir mais parfois le mental craque et c’est l’abandon alors même que les clignotants du corps étaient au vert. C’est à partir du moment où le coureur commence à lâcher prise mentalement qu’il se met en danger.
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Un commentaire pour “330km, 24.000m D+, 150 heures de course : courir le TOR DES GEANTS ou comment apprendre à réguler ses pensées ?”

  • Marie dit :

    L’initiative d’une vie! Bravo à vous.
    On vous retrouve dans 10 jours pour vous féliciter d’être arrivé au bout. Bonne course!